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Madère – 21 au 29 juillet

Nous partons de Porto Santo vers 7h, sous un ciel couvert et un vent léger de SW, vers Funchal, la capitale de Madère, soit un peu plus de 40 milles.

Traversée sans problème, si ce n’est que, oh surprise! nous n’avons plus d’instrument de navigation… Plus de GPS, plus de pilote, … Après plus d’une heure de recherche, on découvre dans un des coffres du cockpit qu’un des câbles du bus SeaTalk est en partie déconnecté de l’un des instruments: la mer des jours précédents a sans doute « tassé » le contenu des coffres qui est venu contre les connexions mal protégées. Câble rebranché, tout remarche! Nous en profitons pour faire un petit coffrage autour des instruments…

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Vive l’électronique!

Le vent est irrégulier, et un joli grain nous arrose… Mais cela ne nous empêche pas d’admirer trois baleines qui croisent à environ 200m du bateau.

Arrivée vers 16h dans la très petite marina de Funchal, où les places sont comptées : nous nous amarrons à couple d’un autre voilier.

Cathy et Isa nous rejoignent bientôt. Et plus tard dans la nuit, ce sera le tour de Dany et Christian. Le bateau est plein: avec nous 5 déjà à bord (MarieJo, André, Brigitte, William et Claude), nous sommes maintenant 9 ! Une chambre (en fait un petit appartement) est loué pour répartir les dormeurs, prendre des douches et faire la lessive qui s’est accumulée.

Programme de la semaine:

  • inspection du bateau: raguage, usure, … Le réa de la balancine est particulièrement usé: désormais, la balancine sera mise au mat dès la grand-voile hissée.
  • course traditionnelle d’avirons dans l’avant-port;
  • chorale d’étudiants sur le quai;
  • ballades : vers la pointe Est de Madère, puis 2 jours sur la côte Nord à Santana pour découvrir les levadas, une des principales attractions de l’île (réseau de canaux récupérant l’eau de ruissellement pour l’agriculture). Paysages magnifiques dans une nature assez exubérante : orchidées, hortensias sauvages au milieu des bananiers, forêt de lauriers, …
  • visite du jardin botanique ; montée en téléphérique (Poma : vive les Grenoblois!) vers l’église de Monte qui domine Funchal ;
  • problème récurrent du choix du restaurant le soir… Mais avis unanimes sur le bacalao, toujours copieux et bien préparé!

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Nous passerons aussi 2 jours aux Ilhas Desertas, à une 20e de milles au SE de Funchal. 3 heures pour atteindre un mouillage de rêve : seuls dans la seule crique autorisée, devant la maison des gardiens de l’île, seule habitation. Apéro sous une paillote avec les 6 gardiens et ouvriers qui sont en charge de l’entretien, avec qui notre bouteille de Pastis et les 2 bouteilles de vin ne font pas long feu… Le courant passe tellement bien que nous sommes invités le lendemain à déguster les arapèdes grillées et un riz aux fruits de mer !

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Kousk Eol au mouillage aux Ilhas Desertas

De retour au bateau, nous découvrons un petit bateau de pêche avec ses 6 marins : ils sont consignés 24 heures pour ne pas avoir respecté les zones autorisées… Du coup, ils nous offrent une partie de leur prise : 7 gros morceau d’espada qui seront préparés au four avec oignon, tomates et huile d’olive. Il y a pire…

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Nous sommes endormis le soir par les cris des pétrels à la recherche de leur nid: pas franchement des berceuses, mais ici c’est la nature qui décide!

Les Ilhas Desertas sont un des derniers refuges des phoques moines, espèce très menacée. Les îles en abritent une petite 40e : André réussi à en voir 6 dans une grotte, au grand dam des gardiens qui n’ont jamais réussi à en voir plus de 4 ensembles… La fibre biologique a définitivement pris le dessus sur le passé récent de pétrolier !

Puis retour vers Funchal pour une dernière journée avant les départs respectifs:

  • Toujours LA question cruciale: dans quel restaurant irons nous passer notre dernière soirée à Madère?
  • Dany, Christian, Cathy, Isa et Claude s’envolent vers la France. Claude rejoindra Kousk Eol aux Iles du Cap Vert début septembre.
  • MarieJo, Brigitte, André et William partiront lundi 29 juillet au matin vers les Iles Sauvages, avant les Canaries.

Cela fera un mois que nous sommes partis…

Gibraltar – Madère

Dimanche 14 Juillet. Belle journée, mais pas de fanfare de fête nationale pour nous tirer de nos couchettes… Repas sur le pouce au seul bistrot du Puerte Deportivo Alcaidesa, puis préparatifs pour le départ vers Madère : plein des réservoirs d’eau, vérification du niveau d’huile moteur… pour découvrir une fuite au niveau de la pompe à eau . Démontage, inspection du joint, graissage et remontage. La fuite semble partie au rayon des mauvais souvenirs.

Nous partons finalement vers 16h30 avec un bon vent qui nous pousse hors de la baie d’Algesiras : une bande de dauphins, sans doute amateurs de bateaux racés et bien barrés, semble nous montrer la route en jouant à l’étrave …

L’arrivée dans le détroit est compliquée : vent de face, changeant et obligeant à jongler entre trinquette et génois, trafic maritime à surveiller lors de la traversée des rails… Nous rejoignons les côtes marocaines vers 19h30. Endroit propice aux libations révolutionnaires … La prise de la Bastille sera célébrée par des prises (modérées) de bordeaux, qui voyage ma foi fort bien. L’équipage est achevé par une vieille prune de derrière les équipets . Merci qui ? Merci Kesbi le magnifique !

Le vent et la mer continuent leur petit jeu, se faisant aider par la marée .Résultat: bords carrés d’anthologie durant la nuit !

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Un coup d’œil aux traces GPS montre l’ampleur des dégâts…

Puis nous reprenons régulièrement du vent, d’abord dans le nez, puis s’orientant régulièrement vers le NNE: plutôt pas mal pour rejoindre Madère ! La vitesse du bateau monte autour de 8 nœuds, avec des pointes au delà de 9nds durant la 2e nuit en mer. Trois petits calmars suicidaires se sont échoués sur le pont: peut-être que l’alternative était de finir dans la gueule d’une dorade ?

On notera d’autre part une baisse notable dans la rigueur de la sélection des équipiers, si l’on peut en juger par le manque de précipitation à aller faire la cuisine par 30° de gîte, accompagné d’une utilisation anormalement longue des couchettes, sous le prétexte futile que là, ça passe mieux…

Mercredi 16 : le vent est relativement bien établi, après quelques velléités de coup de mou que nous réglons vite faite en menaçant de sortir le Code D. Nous ferons 170 milles en 24h : c’est pas pire…

Jeudi 17 : nuit de folie, avec le bateau régulièrement au-dessus de 8nds ! 96 milles en 12 heures… 180 milles en 24h . Nous devrions être à Porto Santo, première île de l’archipel de Madère, à une vingtaine de milles au NE de cette dernière, donc la première sur notre chemin, demain en milieu de journée avec un jour et demi d’avance sur nos prévisions.

Vendredi 18 : le bateau a bien avancé, sur une mer un peu chahuteuse. L’émeute à bord a été évitée de justesse, certain élément féminin se plaignant d’avoir été secoué plus que de raison pendant la nuit…

Pas mal d’oiseaux marins : le DD montre son savoir et nous épate en citant tous les noms. Faut pas jouer au puffin avec lui ! D’un autre côté, comme on n’a aucun moyen de vérifier la justesse des assertions…

Porto Santo est en vue depuis 9h. Nous arriverons vers 13h30 dans un port tranquille, accueilli par un douanier parlant français, qui nous aide à prendre nos amarres. La digue est pratiquement complètement taguée par les bateaux de passage…

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La plage de Porto Sant. Le port est dans le fond.

Un peu moins de 4 jours pour cette première traversée d’un peu plus de 600 milles. Presque 1400 milles depuis notre départ de Toulon le 30 juin.

Vendredi sera une journée de repos, sans quart et bateau à plat… Samedi, nous repartirons vers Funchal, la capitale de Madère. Suite au prochain numéro!

Benalmadena (Malaga) – Gibraltar

Samedi 13 Juillet

Départ à 0h40 pour Gibraltar, avec Brigitte, Marie Jo, William, André et Claude : moins de 60 milles pour ce qui devrait être une courte étape avant d’attaquer l’Atlantique et quitter l’Europe…

Mais aura t’on du vent ? Pour l’instant une brise de sud-ouest de 10nds nous pousse tranquillement.

4h30 : le vent tombe, et lâchement un brouillard épais lui pique la place. Et Volvo s’y recolle… Puis le vent remonte progressivement jusqu’à 15-20nds, de face : alternance de génois et trinquette, ris dans la grand-voile pour attaquer la houle courte du coin.

Nous arrivons sous le « Rocher » vers 15h30. Malheureusement, aucune des 2 marinas n’a de place pour accueillir Kousk Eol… Mais juste de l’autre côté de la frontière, pas encore sur les cartes ni sur notre guide des ports et mouillages, une nouvelle marina : le Puerte Deportivo Alcaidesa. Accueil excellent, plein de places disponibles sur catway. Le charme d’André sans doute : notre nuit sur place nous est même offerte ! Avec eau, électricité, sanitaires nickel, 30 minutes à pied de Gibraltar : à recommander chaudement!

Petite douche, et nous nous dirigeons vers Gibraltar à pied, avec passage de frontière en bonne et due forme. Pour nous retrouver dans une des rares possessions de l’ex-plus-vaste-empire-du-monde où on roule du bon côté (bon d’accord, il n’y a pas beaucoup de rues, et la plupart sont à sens unique…) ! Bière et repas dans un pub très britannique, dans un « centre ville » lui aussi assez british…

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Le Rocher