L’ivre du bord et l’Escampobarriou. Article inutile.

Même si le tour du monde est maintenant terminé, le blog va continuer à vivre, au moins tant que Kousk Eol naviguera avec les deux frangins…

Depuis le retour, Kousk Eol était bien sage au ponton dans la Darse Vieille du port de Toulon. Mais c’était sans compter sur les autorités portuaires qui décidèrent dans leur grande sagesse de faire des travaux de rénovation sur ledit ponton, travaux rendu nécessaires par la vétusté…

C’est donc l’occasion pour les frangins qui se la pètent de retourner sur l’eau avec leur coursier préféré. La destination cette fois sera Porquerolles, où une place pour l’hiver a été trouvée.

Comme rien n’est simple à bord de Kousk Eol, deux complications se présentent d’emblée :

  • Il faudra franchir le très redouté cap de l’Escampobarriou que nous avons eu l’occasion d’évoquer à maintes reprises dans ce blog. C’est le cap au sud de la presqu’île de Giens, passage obligé pour rejoindre Porquerolles depuis Toulon, porte occidentale vers la rade d’Hyères, avec sa compagne la Jaune Garde. Pour cette délicate navigation, le rhum du bord a été débarqué pour tempérer les ardeurs de l’ivre du bord.
  • Il faut un nouveau livre de bord (admirez la transition2), obligatoire sur tout navire, le précédent ayant été soigneusement rangé parmi les archives-souvenirs des frères de la côte (pour cette fois).

Côté météo, nous avons connu pire : un vent de sud-ouest est prévu, de dix nœuds en fin de matinée, montant entre quinze et vingt nœuds dans l’après-midi. Le ciel est complètement dégagé et la mer aussi plate que l’encéphalogramme d’un ormeau décérébré.

Cool. Pour ne pas casser l’ambiance, nous partons sous génois seul, la grand-voile à sa place, c’est-à-dire réglementairement ferlée sur la bôme et protégée par le lazy-bag. Kousk Eol se fait malgré tout tirer à plus de six nœuds. Pas pire. Pour le passage « du » cap, nous décidons de veiller à deux et de débrancher le pilote automatique. La trinquette est préparée et prête à prendre le relais, la ligne de vie est vérifiée, les équipets sécurisés, les capots verrouillés. La grande expérience accumulée ces dernières années permet de contrôler le niveau de stress. Le vent est établi entre quinze et vingt nœuds, au grand largue. Soit environ dix à douze nœuds apparents : ça décoiffe ! Les vagues, souvent traîtresses dans le coin, sont estimées à au moins cinq cents millimètres, et ne semblent pas avoir de velléité de se creuser plus pour l’instant. Le moral est bon : nous devrions y arriver. La tension est tout de même palpable à bord. Personne ne parle, conscient de la gravité du moment. Nous gardons les yeux rivés sur le cap qui n’est pas loin de nous hypnotiser…

L’Escampobarriou par temps menaçant.

Puis, finalement, comme ce qui est devenu une habitude, Kousk Eol et son équipage font la démonstration de leur maîtrise des choses de la mer. L’Escampobarriou n’est bientôt qu’un souvenir, et nous arrivons vite à Porquerolles où une place nous attend…

Quelle aventure, cette fois-ci encore : une nouvelle page glorieuse de l’histoire de Kousk Eol vient de s’écrire !

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1. Ne faites pas les surpris : vous connaissez bien la propension des frères à la capillitraction.

 

2 réflexions sur « L’ivre du bord et l’Escampobarriou. Article inutile. »

    1. Pas de whum à bow… Les twaditions se pewdent… Mais l’enjeu était de taille: il nous fallait bien tous les neurones qui nous restent pour aborder cette délicate navigation!
      Mais Tonio: as tu vu que tu avais été publié ?
      Bises!

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