Portrait de Cap’tain

Suite à la publication de l’article sur les marins de Kousk Eol, parmi les disciples, un élan de protestation s’est fait sentir… Qui osera défier l’autorité suprême et écrire un tissu de bêtises sur notre cher cap’tain ??? Sans aller jusqu’à la mutinerie du Bounty, c’est une action syndicale menée par un collectif de marins en colère1 qui tentera de dresser un portrait le plus objectif possible de celui qu’on appelle Le Glaude.

Le parler « le Glaude »…

Afin que tout le monde se comprenne bien sur Kousk Eol, il est important de parler le même langage… Comprenez bien, le même langage que le Glaude. Certes, les bases grammaticales se rapprochent du langage marin classique… En voici quelques exemples :

  • Prendre un ris : consiste à réduire la grand-voile parce que le liston est dans l’eau…
  • Liston : Indicateur visuel de gîte qui, une fois immergé, fait penser qu’il serait bon de prendre un ris…
  • Code D : voile virtuelle dont les couleurs fait rêver les filles. La légende dit que le Code D ne se déroule que lorsque le vent est quasi nul…

Il ne s’agit pas là de réécrire le dictionnaire des Glénans, mais plutôt de le compléter avec les expressions courantes du bord.

  • Moi j’dis ça j’dis rien : Forme d’ouverture au dialogue dont l’issue est connue, c’est-à-dire que quelle que soit la proposition opposée à celle du Glaude, elle ne sera pas retenue, mais il ne vous en sera pas tenu rigueur. Ex : « Vous voulez rester sous génois ? Moi j’mettrais la trinquette… Mais… Moi j’dis ça j’dis rien… »
  • Sans vouloir te commander : Dans l’action, cette petite expression sans prétention pour le commun des mortels sera traduite à bord de KE par « Fais ce que je te dis, et fissa ! ». Il va de soi qu’il vaut mieux courir alors…
  • Vate Fairfoutre : Cette expression, difficile à prononcer, est à l’opposé de « Moi j’dis ça, j’dis rien ». Lorsque le Glaude l’utilise, nous autres disciples pouvons alors nous congratuler d’avoir enfin eu une bonne idée ! « Vate Fairfoutre !!! » Le Glaude est d’accord ! Par exemple, on peut renvoyer un ris ou dérouler du génois !
  • Va Fancùlo : Forme d’acceptation identique à « Vate fairfoutre » ! Le Glaude jette l’éponge, on peut faire ce qu’on veut. Par exemple, pêcher à la traîne à 8 nœuds…
  • Connard : C’est qu’il a un cœur gros comme ça le Glaude. Il exprime ainsi sa sympathie à l’égard de son entourage de marins. Il m’a dit « Connard ! », ça veut dire qu’il m’aime bien !

La navigation

Une fois en mer, notre cap’tain nous autorise à peu près tout. Il veillera cependant à la préservation de quelques nobles principes : le confort des passagers, et la performance sans faire souffrir son valeureux Kousk Eol.

Point de compétition ! On n’est pas là pour être les premiers ! C’est d’ailleurs en ces termes que le Glaude nous explique sa philosophie de la voile paisible : « On n’est pas là pour régater ! La seule chose que je ne supporte pas sur l’eau, c’est d’avoir un autre bateau devant moi ! ». Il pense d’ailleurs accrocher sur le tableau arrière un petit mot à l’égard des bateaux dépassés : « Va Fancùlo ! » !

Pour le côté marin, tous diront que c’est une encyclopédie à lui tout seul. Son expérience semble infinie, et la richesse de ses récits de navigation (dont nous sommes très friands) nous fait nous poser une question : a-t-il un jour travaillé dans sa vie ???

Qui connaît l’âge du capitaine ?

Malgré son âge avancé, il voit tout, il entend tout, et il sent tout ! Et comme il connaît chaque boulon et chaque bout de ficelle de son bateau, il peut analyser la moindre vibration, sortir la tête du carré telle une marmotte à l’affût, et dire « Il faudrait peut-être prendre un ris, sans vouloir te commander ! »

Le néophyte du bord prendra alors sans tarder les dispositions qui s’imposent…

Un air de ressemblance ? Chercher les 7 erreurs.

Il arrive parfois que le Glaude aie une petite absence… voire un oubli. Ce n’est pas une erreur à bord de Kousk Eol… c’est une Glauderie, dont la gravité est si infime qu’il ne s’en tiendra pas rigueur lui-même… il évite ainsi les blâmes qu’il infligerait à ses disciples…

Ses récits

Le soir venu, en général au moment de la Tisane, des sujets aussi divers que variés font l’objet de partage d’expérience… et comme on vous l’a dit (faut suivre un peu !), le Glaude, il n’en manque pas ! Nous nous délectons ainsi d’anecdotes venues des quatre coins du monde, qu’il semble avoir visité en entier (la légende prétendrait qu’il en aurait fait le tour…). Le tout raconté avec poésie et un humour type Breton (après tout, ce sont eux les inventeurs du menhir ! ! !).

Le Glaude nous autorise à faire tout ce qu’on veut…

Nous voici dons repus de notre nourriture spirituelle qui suffirait PRESQUE à nous sustenter… alors que le Glaude, lui, ne se sustente que de petites choses types cuisses de canard confites, jambon pata negra, ou encore pommes de terres rissolé dans la graisse du malheureux palmipède cité précédemment… Il s’abreuve aussi de spiritualité à l’aide de saint joseph, médoc ou encore rioja…

Nourriture spirituelle…

On pourrait alors croire que sa position de demi-dieu (half-god pour les anglophones) le préserve des tâches les plus ingrates, mais c’est avec panache qu’il souhaite se soustraire à la caste que lui confère son grade. Aussi lance-t-il parfois « Je vais acheter des tomates ! ». Nous le voyons alors revenir avec des choses rouges… en général du vin et de la viande… Et les tomates ? On verra la prochaine fois…

Je me dois de cesser là mes agissements mutins, je pourrais être démasqué et débarqué à la prochaine escale. Pas plus tard qu’il y a 10 minutes, un des rameurs du bord a suggéré au Glaude de se débarrasser des emmerdements du bord… Il parlait là de petits bricolages à effectuer… La réponse du Glaude ne s’est pas fait attendre : « Vas-y, saute à l’eau alors !!! » !

Voilà chers lecteurs un portrait quelque peu satirique de notre cap’tain… mais qu’il convient de ponctuer d’un proverbe qui prend ici tout son sens : qui aime bien châtie bien !

Droit de réponse

La rédaction étant très sensible au respect des règles les plus élémentaires de la démocratie, un droit de réponse est ici accordé à L – G— (nous ne citerons pas de nom pour respecter l’anonymat du contestataire).

Tout ce fatras d’inepties n’a absolument rien à voir avec la réalité, en toute bonne foi objective, et les gens qui me connaissent vraiment seront forcément d’accord. Mais moi je dis ça, je dis rien…

Non ? Vous êtes sûrs ? Ah bon… Disons que c’est juste un peu exagéré alors.

Non plus ? Très en dessous de la réalité ? Vraiment ? Connards !

Je connais au moins une personne à la réputation inattaquable qui dit du bien de le Glaude. Qui ? Ah zut : j’ai bêtement oublié son nom…

Sans vouloir vous commander, si vous pouviez éviter de publier ce ramassis d’approximations douteuses… Vous comprenez, malgré les apparences, ici extrêmement trompeuses, j’ai tout de même une réputation à soigner. Quoi ? Il ne faut pas que j’utilise des mots qui véhiculeraient un concept qui m’échappe ? Va Fancùlo !

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1 Ou du bord, ce qui revient au même.

5 réflexions sur « Portrait de Cap’tain »

  1. Mon cher Claude,
    Il me semble qu’un tel niveau de rébellion à bord d’un navire ne soit pas arrivé depuis celui du second Fletcher envers ton alter ego le captain Bligh. Je serai toi, je resterai sur mes gardes et commencerai à remplir l’anexe De vivres. On ne sais jamais.
    Mais enfin, j’dis ca j’dis rien.
    Si tu dérives vers puerta Madero, tu auras toujours une galette qui t’attendra.
    Bon vent.

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