Traversée vers les Baleares

Toulon, dimanche 30 juin, 13h30 : nous serons 4 pour ce départ: Marie-Jo, André, Pierre Barale et Claude. Le départ s’engage bien: moteur jusqu’à la petite passe de la rade, puis le vent nous envoie plutôt en direction de la Corse, au près… Finalement, un petit air nous permet de reprendre la bonne direction vers les Baléares: rien du coup de chien sur le Golfe du Lion de la semaine précédente… SSE, entre 5 et 10nds. Et même un brouillard épais et humide. Le Code D, la voile mâjik, nous permet de nous déhaler à une vitesse plus raisonnable .Minute lyrique:

Sur le Golfe, terrible Golfe,
Le Lion s’endort cette fois.
Pas de vagues ni tramontane,
Le Lion s’endort cette fois…
Oui mon vieux, oh oui mon vieux !

 Après une traversée sans histoires et nos premiers quarts de nuit (bon d’accord, on a bien vu des dauphins venir jouer à l’étrave du bateau), nous arrivons dans le port de Mahon, très beau port naturel, inspirateur de la mayonnaise*, sur l’île de Minorca le 2 Juillet à 19h.

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Le lendemain Mercredi 3 Juillet, ballade dans la vieille ville et quelques réparations: la VHF ne fonctionnait plus, l’Iridium ne se rechargeait pas… André aurait mieux fait de recruter un vrai électronicien! Finalement, les derniers branchements faits dans la hâte du départ sont repris et tout rentre dans l’ordre.

14h: Départ vers Palma où Pierre doit prendre l’avion pour rentrer en France. Le vent nous lâche assez rapidement, au point, horreur! de devoir mettre le moteur pour ne pas rater l’avion.

 Jeudi 4 Juillet, 12h: arrivée dans le port de Palma après une nuit tranquille. Ponton près de la cathédrale. Tapas et ballade dans la vieille ville, qui a beaucoup de charme.

 Vendredi 5: Pierre nous quitte à 6h30 pour l’aéroport. Courses au Corte Ingles, repas rapide sur le bateau et départ vers 14h45 pour Fromentera. Une petite brise nous oblige à tirer des bords. Cool. 18h, soudain: BANG! La drisse du génois pendouille lamentablement… André monte en tête de mat : c’est le mousqueton rapide qui s’est ouvert. Le temps de le sécuriser et de rehisser, le tout en moins de 30 minutes, et nous voilà repartis. Évidemment, le vent en a profité pour se faire la malle : on a bien fait de se dépêcher pour le génois !

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20h : le vent se décide à revenir, au NNW autour de 20nds. Kousk Eol file enfin, autour de 8nds, avec des pointes à 9nds, jusqu’à Formentera. Passage du Freu Grande vers 3h30 du matin, puis mouillage dans le Puerto del Espalmador vers 4h30. Pour s’apercevoir le lendemain matin qu’il fallait prendre un corps mort…

 Samedi 6 : nous bougeons donc et allons mouiller vers Freu Poco. Très beau mouillage : eau limpide , belle plage. Mais belles méduses aussi… Et la proximité d’Ibiza, sans doute, n’amène pas que des marins ayant le sens du savoir vivre au mouillage !

 Dimanche 7 : ça y est, la première semaine est derrière nous… Journée de bulle, ballade sur la plage, tentative de bain en slalomant entre les méduses pour certains.

Plan du soir : on se fera le petit resto sur la playa !

21h : tout propre, moteur installé sur l’annexe, on file vers le resto… pour le trouver fermé ! Retour au bateau, où MarieJo nous concocte une poule au pot Royco : un vrai délice !

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 Lundi 8 : le temps de se rattraper avec le resto, ouvert pour le déjeuner, de prendre un dernier bain, de préparer le bateau, et nous sommes prêts pour le départ vers Malaga sur le coup des 15h. Nous, oui. Mais pas le vent… Nous attendrons jusque vers 19h qu’il daigne se secouer un peu pour nous permettre pousser les 10 tonnes de Kousk Eol. Bye bye les Baléares !

 Note * : après la minute lyrique, la minute culturelle. En 1756, Richelieu décide, y a pas de raison, de virer les Anglais de Mahon . Pour fêter la victoire, son chef lui prépare une sauce de son invention, inspirée de l’aïoli local, la mahonesa, qui est devenue la mayonnaise. Imaginez un peu, si les Français n’avaient pas gagné : on aurait tous aujourd’hui l’haleine chargée à l’ail… C’est d’ailleurs depuis ce temps que les Français sont devenus les conquérants incontestés de la galanterie, laissant aux Anglais les conquêtes plus terriennes.

30 Juin: le départ…

De notre envoyée spéciale Stéphanie:

 

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Plus de 50 personnes sur le ponton d’accueil de la Vieille Darse: la famille, les amis, … C’était plus qu’émouvant!

Et il parait même que ce n’était pas uniquement pour le rosé que tout ce monde était là! Merci à tous pour être venus!

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Puis l’heure du départ arrive vite…

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Nous aurons même droit à la bénédiction de Saint Pierre avant le grand départ, fête des pêcheurs oblige…

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Derniers adieux…

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Et voila… Kousk Eol est parti…

Mai 2013

Les voile

Nous récupérons nos voiles chez Delta Voile à Hyères: Code D, génois et GV.

Comme le bout-dehors est installé, nous sortons faire un essai du Code D: bonnes conditions, pas de mer et vent de 12 à 15 nds. Le Code D tire la machine sans effort jusqu’à 8,5 nds! Nous essayons différentes allures, du bon plein au grand-largue (60° à 160° du vent), avec une série d’empannages. Un vrai plaisir!

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Le Code D

Et enrouler puis affaler le Code D, malgré ses 150 m², est d’une grande facilité…

La GV est remontée sur la bôme, avec ses renforts de ragage (barres de flèche).

Et enfin le nouveau génois, que nous hissons dans le port pour régler l’enrouleur. Enfer et damnation: impossible de l’enrouler… Et impossible de l’affaler… André grimpe au mât pour constater que l’émerillon de point de drisse est sorti du guide d’étai: lors du changement de l’enrouleur, nous l’avons « raccourci » inconsidérément, en voulant le fixer plus solidement au tambour du point d’amure…

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En haut du mat…

Le portique

Nous le récupérons finalement chez Icome Inox: belle pièce!

Nous nous mettons à 4 pour l’installer: un grand merci à Jacques et Nico! Heureusement, tout tombe en place sans trop forcer: le travail de préparation et les allers et retours chez Icome ont payé! Les trous sont percés, les platines fixées: le portique fait costaud.

L’étape suivante est l’installation des panneaux solaires, de l’éolienne et de l’antenne de l’Iridium.

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Le portique…

Restent maintenant tous les branchements à réaliser, mais un gros morceau vient d’être fait.

Pour les panneaux solaires, nous optons pour des régulateurs type MPPT, gage de meilleur rendement, surtout lorsque le soleil n’est plus au zénith (il n’y reste pas longtemps, le bougre!), ou qu’un nuage mal éduqué s’amuse à bloquer le flux de photons. Le coffre AR bâbord offre toute la place et l’aération nécessaires pour les branchements. Le plus dur est de trouver le chemin de passage des câbles vers les batteries, pour avoir une installation propre.

Finalement, le tout est branché, et… Et alors? Et alors? Eh ben le courant afflue, les amis! Du coup, le chargeur de quai est relégué aux postes de remplaçant.

Comme dirait l’autre:

De toutes les manières,
C’est les watts qu’on préfère!

 Iridium

Une antenne externe est installée sur le portique. Un cable, qualifié de « Loss-less » (trop fort les marketeux!), raide comme un manche à balai, suit difficilement le chemin des câbles d’alimentation. Evidemment, une rallonge est nécessaire pour les 3 derniers mètres vers la table à carte et la connexion au PC, pour charger les fichiers GRIB.

Le gaz

Après avoir envisagé de mettre une bouteille de 13Kg dans le coffre AR bâbord, nous décidons que c’est trop risqué: pas d’évacuation du gaz en cas de fuite…

Nous partirons avec des bouteilles Camping Gaz, et tenterons de résoudre l’approvisionnement par du remplissage: il faudra bricoler des adaptateurs… Nous prendrons 2 bouteilles supplémentaires.

Avancement des travaux

Echange entendu sur le pont de Kousk Eol, entre le DD et le Glaude:

– On a encore fait un gros morceau aujourd’hui!

– Tu crois qu’il en reste beaucoup à faire?

– On avance bien, non? Encore 2 ou 3 gros trucs, et on est bon!

– 2 ou 3?

– A peu près, non?

– On part quand, déjà?

– Ah ouai, c’est vrai!