16 Octobre : dernière soirée avec William

Ca y est : le bateau est enfin à sec, prêt pour les réparations, quille et bôme ! Il a fallu négocier dur avec la marina pour obtenir un créneau avec le travel-lift … Les travaux pour la quille vont prendre un peu plus de temps que prévu, car il faut refaire la stratification sur une des varangues.

Les journées sont un peu longues : nous sommes coincés sur Kousk Eol, dans l’enceinte de la zone à sec, avec forte recommandation de ne pas quitter le bateau entre 23h et 8h (ils lâchent des chiens pour assurer la sécurité !). Et pour couronner le tout, il pleut à longueur de journée … Ne cherchez pas le rapport avec la zone à sec!

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Kousk Eol prêt à être réparé

Ce soir est notre dernière journée avec William : demain nous rejoignons MarieJo et Cathy à Rio, en avion, avant de revenir récupérer le bateau fin Octobre. William finit son séjour au Brésil avant de rentrer en France après pratiquement un mois et demi sur Kousk Eol depuis le Cap Vert.

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Dernière soirée avec William…

De retour à Salvador – 8 Octobre 2013

Ben oui, on a fait demi-tour… Pas pour le plaisir : nous avons talonné en cherchant un mouillage dans l’estuaire d’une petite rivière, pourtant indiqué comme accessible dans notre guide des mouillages du Brésil. Mais les bancs de sable semblent bouger au rythme de la samba ici… Ce qui est vrai un jour ne l’est pas forcément quelques mois après. Leçon à retenir pour la suite !

Résultat : fuites d’eau au niveau des boulons de quille. Et la quille, c’est important, surtout sur un voilier !

Un rapide tour des ports ou marinas permettant de mettre le bateau hors d’eau nous laisse deux possibilités : Salvador à 150 milles au Nord, ou Rio à 650 milles au Sud. Le vent ayant viré au Sud et devant y rester pour les prochains jours, 4 ou 5 jours de près ne sont pas forcément le meilleur traitement à faire subir à la quille… Nous décidons donc de faire demi-tour : un peu moins de 24h au portant jusqu’à Salvador.

Et 10 milles avant d’arriver, par vent calme (moins de 10 nœuds) et au moteur avec la grand-voile, la bôme casse soudainement ! Et encore un coup au moral… Heureusement, les conditions météo nous permettent de sécuriser les deux morceaux sur le pont, sans déchirer ni la voile, ni le lazy-bag.

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La bôme cassée net

Deux heure après, nous sommes à la Bahia Marina, qui possède le fameux travel-lift. Chantier et assurance sont tout de suite contactés. Le chantier nous dit que notre accident est courant dans la région : ils réparent en moyenne 8 voiliers par an ! L’assurance nous envoie un expert, le bateau est mis hors d’eau : le constat de l’expert confirme les premières indications du chantier. Du coup le moral remonte un peu…

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Inspection de la quille…

Pour rester positif : il vaut mieux que ça nous arrive ici qu’en Patagonie ! Et on a une 2e occasion de parfaire notre connaissance du Pelourinho et des caïpirinhas de nos copains Fabio et Shelzi du Deli do Pelô, où nous aimons bien retrouver les filles de la famille Titegoutt, surtout Corine, Germaine et Emma. Mais on aime bien aussi Anne et Justine.

Bien évidemment, il faut aussi compter sur les événements collatéraux: Claude se précipitant toujours la tête la première sur les problèmes, voici le résultat:

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Evacuation, intervention, résultat…

Les baleines

Où l’équipage de Kousk Eol montre sa volonté de continuer son œuvre d’éducation des masses ignorantes…

La rédaction tient à avertir le lecteur (et allez, la lectrice aussi) du contenu hautement scientifique de cet article, et donc de la possible aridité liée à la rigueur nécessaire accompagnant les descriptions et les analyses propres à tout article scientifique qui se respecte, et en conséquence implore le lecteur aussi bien que la lectrice de ne pas se décourager trop vite. La lumière est à ce prix.

Les baleines ont été classées par des biologistes clairvoyants dans la grande famille des mammifères. Donc parmi, entre autre, les vaches : le citadin (La citadine aussi, mais bon ça suffit ! Citadin est utilisé ici comme terme générique. Et si le masculin est utilisé de préférence au féminin, allez vous plaindre à l’Académie, mesdames!), le citadin, disais-je, le moins au fait des choses de la nature a déjà vu, au moins en photo, une vache. Ce qui va donc faciliter la description de la baleine, par comparaisons et analogies évidentes.

La baleine est donc pareille à la vache, avec de subtiles différences : les mamelles sont moins visibles (la baleine est en général très pudique), les cornes ont disparues, et les pattes se sont aplaties pour aider à la natation. Parce qu’il faut bien le dire, la baleine passe généralement son temps dans l’eau. Pour le reste, les différences sont trop infimes pour que l’on y consacre notre précieux temps.

La baleine, comme la vache, vit en troupeau, broute du krill dans l’océan, et passe à l’abattoir pour nourrir les civilisations avancées. La grosse différence entre l’abattoir à baleine et l’abattoir à vache est que l’on est plus sujet au mal de mer sur le premier.

Le mouton, me direz-vous, est lui aussi un mammifère vivant en troupeau et se faisant becter par l’humain développé. Mais le mouton est couvert de poil laineux . Pas la baleine, qui ne craint pas le froid.

La baleine, au contraire de la vache, est très joueuse : n’ayant pas de train à observer, elle s’amuse entre autre à faire des bonds dans l’eau. Pesant quelques tonnes pour un représentant moyen de l’espèce, vous vous douterez facilement que l’effet produit est quelque peu différent du saut que vous pourriez effectuer du bord de votre piscine (c’est plus difficile dans la piscine municipale, où certains individus qu’on appelle maîtres-nageurs, et qu’on reconnaît au fait qu’ils ne sont jamais dans l’eau, vous interdisent généralement ce genre d’exercice).

On observera aussi que la baleine siffle ses congénères en venant à la surface. Mais comme elle a les narines pleines d’eau, ce sifflement se transforme en geyser : on dit que la baleine souffle.

Parmi les différents modèles de baleines disponibles, il en est un qui s’appelle la baleine franche. On se demande bien pourquoi. Il n’y a pas plus sournois que la baleine franche : à peine la voyez vous apparaître à la surface qu’elle replonge, éventuellement en vous éclaboussant de sa queue, pour réapparaître là où vous ne l’attendez pas…

Dans un prochain article, nous apprendrons à reconnaître la baleine du fou à pattes bleues, autre habitant des océans.

Note de la rédaction :

Les termes du contrat nous liant avec l’auteur nous obligent à publier ses textes sans censure, bien malgré nous. Notre devoir moral nous impose néanmoins de prévenir le lecteur d’un possible impact lié à l’absorption inconsidérée de boissons à base de cachaça sur le contenu de cet article, pouvant parfois nuire à sa valeur éducative.