Alicante by night

Alicante

J’avais dit qu’on vous raconterait, alors on vous raconte. Rien de très extraordinaire… Soirée cool pour se reposer un peu des conditions pas toujours très faciles de jours précédents.

Eric nous emmène prendre l’apéro au bar du Club Royal des Régates : un verre de vin local fort agréable recommandé par le barman, lui-même fort sympathique.

Puis sur le coup des 20 heures, départ vers le vieux centre d’Alicante pour dégotter un restaurant. 20 heures, c’est quasiment le milieu de l’après-midi pour les Espagnols… Mais il en faut plus pour nous décourager. Après avoir un peu tourné en rond, nous nous décidons pour une table en bord de rue, où nous partageons une paella très copieuse.

C’est repus, avec le répit de ce repas, que nous retournons à bord passer une nuit au calme, et sans quarts…

Vers Gibraltar

Le lendemain, samedi 12, le petit-déjeuner avalé, reposés, nous quittons notre place pour rejoindre Gibraltar, à environ 300 milles. La météo est favorable (vent d’est) jusqu’à la nuit de dimanche à lundi, puis le vent devrait passer doucement à l’ouest : nous finirons probablement au moteur pour éviter un renforcement du flux d’ouest.

En attendant, c’est une brise d’est soutenue qui nous pousse au largue, entre 7 et 8 nœuds. Pô pire… Plein est, nous sommes vent arrière : le génois est tangonné pour le garder bien gonflé. Et le pilote automatique fait son boulot en nous gardant sur la route à plus de 7 nœuds.

Puis arrive la nuit, les copains. Et alors ? Ben le souffle qui bombait nos voiles décide de montrer ses muscles une nouvelle fois les copains. Grand-voile plus génois tangonné, dans 30, à 35 nœuds, ça devient sportif , surtout que la mer s’y est mise elle aussi. Eric se bat à la barre tandis que les deux autres se font rouler bord sur bord sur leur couchette, avec des pointes jusqu ‘à 12 nœuds. Mais à un moment, il faut bien se décider d’arrêter de jouer : le génois est roulé. Sous grand-voile seule, la situation fait semblant de s’améliorer un court instant. La décision est vite prise de prendre un ris : la méthode est peu orthodoxe, mais le ris est pris assez rapidement, soulageant le pilote et le barreur. Le Cabo de Gata, au sud-est de l’Espagne, nous a fait le coup des vents tuerie, phénomène bien connu des météorologues à l’approche d’un cap.

Décidément, la Méditerranée n’aura pas failli à sa réputation de mer pouvant être dure en novembre. Mais au moins, cette fois, le vent soufflait dans la bonne direction. Tout le monde à bord rêve de l’alizée, des shorts et des t-shirts…

Une fois passé le cap, la situation s’améliore. Et c’est même la pétole qui s’installe vers 9 heures 30, la risée s’appelant désormais Volvo. On a tout de même encore un peu plus de 120 milles avant Gibraltar, mais ça devrait être bon pour le fish’n’chips de lundi soir… Si le flux d’ouest n’est pas trop fort ensuite.

Ben non, la brise d’ouest arrive plus tôt que prévu : il va falloir faire au mieux avec du vent contraire, supportable pour l’instant. Après une tentative de soulager le moteur avec les voiles, et une savante estimation de compromis cap-vitesse, le génois est à nouveau roulé en fin de journée, et le cap remis droit sur le Rocher.

La journée est magnifique. Pas un nuage. Un groupe de dauphins vient même nous narguer à l’étrave.

La nuit se passe tranquillement, au moteur. Anne-Sophie aura droit à un ballet nocturne de dauphins qui lui tiennent compagnie un bon moment pendant son quart, sous un ciel étoilé magnifique.

Au petit matin du 14 novembre, le Rocher apparaît. On aperçoit même les côtes d’Afrique. La Méditerranée sera bientôt derrière nous… En attendant, dans environ deux heures, nous devrions être dans la marina Alcaidesa, à La Linea, juste au nord de Gibraltar. Après avoir contourné la Victoria Tower, qui marque le sud de l’enclave.

A 11 heures, nous sommes amarrés sur un ponton de la marina : six jours pour venir de Toulon, avec une pause : Kousk Eol a encore une fois bien marché !

La bouteille de jurançon de Nicole, excellent, est bue sous prétexte de l’anniversaire du croulant du bord. Petit repas léger puis sieste suivie d’une douche, et nous sommes prêts à rendre visite aux Anglais : ça fait un bon moment qu’Eric nous parle de fish’n’chips…

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